À Marcellois, une histoire de miel se raconte sur cinq générations. Chez les Perronneau, l’abeille n’est pas seulement un métier. C’est une mémoire, un geste précis, et surtout une façon de vivre avec la nature sans la brusquer.
Une passion transmise de père en fils
Gabriel Perronneau est apiculteur depuis 2023 à la miellerie Maison Perronneau. À 35 ans, il marche dans les pas de son grand-père et de son père, qui lui ont transmis bien plus qu’un savoir-faire. Ils lui ont appris le respect du vivant, la patience et cette idée simple mais forte : il faut prendre le temps de bien faire.
Dans sa famille, on aime les phrases qui restent. Son père lui répétait souvent qu’il fallait être beau, bon et fort. Beau pour vendre le miel. Bon pour gérer l’entreprise. Fort parce que ce métier ne pardonne pas les erreurs. Et Gabriel garde cette base, tout en faisant évoluer certaines pratiques.
Un métier ancien, mais pas figé
Le plus intéressant chez Gabriel, c’est qu’il ne copie pas le passé. Il le prolonge. Son grand-père n’élevait pas les reines, alors que lui le fait pour garder des abeilles plus adaptées à son travail et éviter de dépendre d’autres personnes. C’est un changement discret, mais très important.
Il a aussi réduit les grandes transhumances. Là où ses aïeux allaient jusqu’au Gard, lui se concentre sur l’Auxois et le Morvan. C’est plus local, plus direct et plus lisible pour ses clients. Il vend aussi autrement. Avant, on vendait beaucoup en vrac. Aujourd’hui, il mise sur une communication plus claire, notamment grâce aux réseaux sociaux et à des contenus pédagogiques.
Une miellerie qui veut accueillir et expliquer
Gabriel Perronneau ne veut pas seulement produire du miel. Il veut ouvrir les portes de son univers. C’est là que sa future boutique devient importante. Elle doit faire environ 30 mètres carrés et elle est encore en travaux à Marcellois. Son objectif est simple : terminer le lieu pour l’année prochaine.
Cette boutique ne servira pas seulement à vendre. Elle sera aussi un espace d’accueil. Les visiteurs pourront y découvrir plusieurs produits de la maison, avec déjà une dizaine de variétés de miel, mais aussi des bougies, des pâtes à tartiner, des bonbons et des savons. Et demain, pourquoi pas du nougat, si l’activité grandit encore.
Le projet est pensé comme une vraie porte d’entrée vers l’apiculture. Les enfants pourront regarder un film d’initiation, enfiler une tenue d’apiculteur, approcher les ruches, puis extraire le miel avant de le goûter. C’est concret. C’est vivant. Et surtout, ça donne envie de comprendre.
Une famille qui participe déjà à l’aventure
La maison Perronneau ne tourne pas seule. Morgane Cancela-Perronneau, l’épouse de Gabriel, doit bientôt rejoindre l’activité. Sa présence va soulager l’apiculteur et aider à développer la commercialisation. Elle pourra s’occuper de l’accueil, pendant que lui avancera sur d’autres produits et sur de nouveaux projets.
Le quotidien reste très familial. Gabriel est père de Monica, 3 ans, et d’Isaïa, 1 an. Sa fille a même déjà un rôle particulier dans l’exploitation : elle sert un peu de test. Si elle accepte certaines choses, alors Gabriel sait qu’il est sur la bonne voie. Et le plus beau, c’est que Monica n’a pas peur des abeilles. Pour son père, c’est une vraie fierté.
Le miel comme lien entre générations
Chez les Perronneau, même le logo raconte une histoire. C’est un ours, symbole de l’enfance, de la gourmandise et de la famille. Pour Gabriel, cet ours représente aussi son père, celui qui veille encore sur les siens. Le pot signature est lui aussi chargé d’émotion. Il prend la forme d’un ours et porte le nom de Pépone, le surnom de son papa.
Ce détail peut sembler simple. En réalité, il dit tout. Le miel n’est pas seulement un produit à vendre. C’est un souvenir en pot, un lien entre le passé et le présent, une manière douce de transmettre un nom et une histoire.
Un avenir à construire malgré les inquiétudes
Gabriel reste lucide. Il aime son métier, mais il sait qu’il est fragile. Le réchauffement climatique change les saisons, les floraisons et les conditions de travail. Il craint que l’apiculture devienne moins rentable dans quelques années. Et il n’est pas le seul à le penser.
Selon lui, les abeilles ont beaucoup souffert. En trente ans, on a perdu environ 30 % d’entre elles pour plusieurs raisons. C’est énorme. Pourtant, Gabriel ne baisse pas les bras. Il continue d’avancer, avec méthode et optimisme, parce qu’il veut offrir un avenir à ses filles et à celles et ceux qui viendront après.
C’est sans doute pour cela que son histoire touche autant. Elle parle de miel, bien sûr. Mais elle parle surtout de transmission, de courage et de confiance. Dans un monde qui va vite, il rappelle une chose précieuse : certaines saveurs méritent d’être protégées, génération après génération.
Pourquoi cette histoire marque les esprits
Le parcours de Gabriel Perronneau montre qu’un métier ancien peut encore se réinventer sans perdre son âme. Il garde la rigueur de ses aînés, tout en ajoutant des outils modernes, de la pédagogie et une vraie envie de partage. C’est ce mélange qui rend son projet si fort.
Et au fond, c’est peut-être cela qui plaît le plus. Une famille, des abeilles, du travail bien fait et une envie sincère de transmettre. Rien de plus. Mais souvent, c’est déjà immense.







