« Un jour, je me suis fait piquer 32 fois » : ancien plombier, ce Seynois réussit sa reconversion dans l’apiculture

Un accident peut tout casser. Ou tout relancer. Pour Jérémy Sanchez, ancien plombier de La Seyne, la vie a basculé en 2021. Aujourd’hui, il parle d’abeilles, de ruches et de miel avec une énergie presque contagieuse. Et quand il raconte qu’il s’est fait piquer 32 fois en une journée, on comprend vite qu’il n’a pas choisi la voie la plus tranquille.

Du chantier à la ruche, un virage inattendu

Avant, Jérémy vivait avec les tuyaux, les outils et les urgences du métier. Après son accident de la route, de longues semaines d’hôpital et de sérieuses séquelles à une jambe ont mis fin à cette vie-là. Il a dû accepter une évidence difficile. Il ne pourrait pas reprendre la plomberie.

C’est souvent dans ces moments-là que tout se joue. Sur son lit d’hôpital, sa femme lui apporte un livre, La prophétie des abeilles de Bernard Werber. Le déclic n’est pas immédiat, mais la curiosité s’installe. Puis l’idée prend racine. En 2022, il achète deux ruches.

Ce premier pas semble petit. En réalité, il change tout.

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Apprendre l’apiculture, sérieusement et pas à moitié

Jérémy ne s’est pas contenté d’essayer “pour voir”. Il a commencé par un stage au Pradet pour apprendre les bases. Ensuite, il a suivi une formation de onze mois au lycée agricole de Hyères. Un vrai parcours, solide, exigeant. Il l’a terminé en novembre dernier.

Entre-temps, sa passion a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, il possède douze ruches installées dans le jardin de sa maison, sur les hauteurs de Bois Sacré. Il ne parle plus des abeilles comme d’un simple loisir. Il en parle comme d’un monde entier à observer, à comprendre, à protéger.

Et c’est là que l’histoire devient vraiment fascinante. Car l’apiculture n’est pas seulement une question de miel. C’est aussi une histoire de météo, de fleurs, de patience et d’équilibre.

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Une ruche, c’est vivant, très vivant

Jérémy explique que les abeilles commencent à sortir de plus en plus à partir de la mi-février. Leur activité atteint souvent son pic entre avril et juin. Mais rien n’est jamais écrit d’avance. Si la météo change, la floraison change aussi. Et si la reine est faible, toute la colonie en pâtit.

La reine, justement, joue un rôle central. Plus elle pond, plus la colonie devient forte. Mais au bout de trois ou quatre ans, sa production baisse. Alors il faut parfois la remplacer. Ou bien les abeilles le font elles-mêmes. Elles choisissent une larve et la nourrissent avec de la gelée royale. C’est simple à dire. C’est presque incroyable à regarder.

La reine peut vivre jusqu’à cinq ans. L’abeille, elle, vit en moyenne 45 jours. Un contraste brutal, mais révélateur. Dans une ruche, chacun a sa place. Chacun compte.

Une passion née de l’étonnement

Jérémy dit qu’il est fasciné par cet insecte de 6 mm capable de tant de choses. C’est vrai qu’on les regarde souvent trop vite. Mais quand on observe une colonie, le spectacle est saisissant. En été, quand la chaleur devient trop forte, les 60 000 abeilles d’une ruche peuvent se mettre en grappe à l’extérieur. On appelle cela la barbe. Elles respirent, s’organisent et cherchent juste à souffrir un peu moins.

Il compare l’abeille à une cellule et la ruche à un corps. Cette image parle bien. Tout est lié. La colonie réagit au climat. Elle réagit aussi à l’apiculteur. Un geste trop brusque, une visite au mauvais moment, et les abeilles le sentent tout de suite.

Jérémy l’a appris à ses dépens. Un jour, il se fait piquer 32 fois. Les abeilles étaient excitées par l’arrivée d’un mauvais temps. Il le raconte avec un calme presque amusé. Comme si la douleur faisait partie du métier. En un sens, c’est vrai.

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Le frelon asiatique, l’ennemi qui ne laisse pas de répit

Dans le monde de l’apiculture, tout n’est pas poésie. Le frelon asiatique est un vrai danger. Jérémy le dit sans détour. Trois frelons peuvent anéantir une colonie en un mois. Ils attrapent les abeilles pour récupérer les protéines dont leurs larves ont besoin. C’est rapide, brutal et très difficile à stopper.

L’an dernier, six de ses colonies ont été décimées. Alors il s’adapte, encore et encore. Il pose des pièges autour de ses ruches. Et il pense qu’une mobilisation plus large aiderait beaucoup. Selon lui, les particuliers qui ont un jardin pourraient aussi installer des pièges simples, avec une bouteille coupée et un mélange de sirop rouge, de bière brune et de vin blanc.

Il va plus loin. Il estime que certaines zones devraient garder davantage de végétation, au lieu d’être trop minéralisées. Pour les abeilles, chaque ressource compte. Chaque fleur compte. Chaque coin de nature compte.

Produire du miel, mais aussi des produits gourmands

Malgré les pertes, Jérémy a quand même produit une cinquantaine de kilos de miel l’an dernier. Il les vend chez lui, en direct, dans des pots de 250 g. Son miel est un miel toutes fleurs, naturel, non mélangé, ambré ou doré selon les récoltes. Les clients aiment cette simplicité. Ils aiment aussi le circuit court.

Et ce n’est pas tout. Il fabrique aussi des nougats, des sablés, des glaces et des bonbons à base de miel. Là encore, on sent le goût du travail bien fait. Le miel devient un ingrédient, mais aussi une identité. Une façon de raconter une nouvelle vie.

Cette année, il vise 80 kg de miel. Une belle ambition, surtout après les pertes subies. Il espère pouvoir vendre la récolte à partir de début juin. Il aimerait même que le salon de l’apiculture soit organisé plus tard, pour laisser le miel de printemps être récolté avant la rencontre.

Un rendez-vous pour découvrir les abeilles autrement

Ce samedi, la 5e édition du salon Abeille en Seyne aura lieu au Domaine de Fabrégas, de 9 h à 17 h 30. Si vous aimez les produits locaux, les plantes et les animations familiales, le programme a de quoi donner envie. Vous y trouverez des miels d’apiculteurs locaux, des cosmétiques à base de propolis, des produits gourmands, des boissons au miel, de l’artisanat en cire et même des semences de plantes mellifères.

Il y aura aussi plusieurs activités pour petits et grands. On pourra découvrir la vie d’un rucher, apprendre à reconnaître les plantes mellifères, fabriquer des hôtels à insectes ou participer à une fresque collective. Des balades botaniques et naturalistes sont aussi prévues, avec inscription sur place. Une belle occasion de voir que l’abeille ne vit jamais seule. Elle dépend d’un paysage entier.

Et c’est peut-être ça, le message le plus fort de l’histoire de Jérémy. Une chute peut forcer un changement. Mais ce changement peut aussi ouvrir une porte inattendue. Parfois, il suffit d’un livre, d’une curiosité et d’un peu d’audace pour reconstruire quelque chose de beau.

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Auteur/autrice

  • « Un jour, je me suis fait piquer 32 fois » : ancien plombier, ce Seynois réussit sa reconversion dans l’apiculture

    Passionnée de gastronomie et de découvertes, Camille Duhamel est experte SEO et rédactrice spécialisée dans l’univers culinaire, les voyages, la maison et l’actualité. Toujours en quête de saveurs inédites et d’expériences singulières, elle partage astuces, tendances et conseils pour enrichir votre quotidien. Forte d’une expérience de plusieurs années dans le référencement web, Camille sait allier contenus vivants et perspectives stratégiques pour inspirer et informer efficacement ses lecteurs dans l’univers gourmand et lifestyle.

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