Face à la montée des frelons asiatiques, certains baissent les bras. D’autres bricolent, testent, ratent, puis trouvent enfin une solution. C’est exactement ce qu’a fait un Girondin avec un simple aspirateur transformé en arme anti-frelons.
Quand un nid sous la toiture change tout
Tout part d’une scène très concrète. Manuel Augusto, bricoleur de Saint-Germain-du-Puch, découvre un nid de frelons asiatiques chez lui, sous la toiture. Comme beaucoup de personnes, il cherche une réponse simple. Et comme souvent face à ce nuisible, il ne trouve rien de vraiment satisfaisant.
Alors il se met au travail. Pas dans un grand laboratoire, mais dans un atelier de bricolage. L’idée mûrit lentement, avec des essais, des ajustements et un besoin très clair : intervenir à distance, sans chimie et sans se mettre en danger.
Pourquoi le frelon asiatique inquiète autant en Gironde
Le sujet n’a rien d’anecdotique. En Gironde, les frelons asiatiques ont causé plus de 524 000 € de préjudice aux apiculteurs en 2024. Et ce n’est qu’une partie du problème. Dans toute la France, leur progression donne le vertige.
Entre 2023 et 2024, le nombre de nids recensés a bondi de 78 %. Les projections pour 2026 évoquent même entre 550 000 et 800 000 nids potentiels à l’échelle nationale. Autrement dit, ce n’est plus un petit souci de jardin. C’est un vrai sujet écologique, agricole et sanitaire.
En Gironde, 73 % des 1 417 apiculteurs ont signalé une infestation en 2024. Pour eux, chaque colonie affaiblie compte. Quand les abeilles ne peuvent plus travailler sereinement, c’est toute la pollinisation qui souffre derrière.
Beezen, une idée simple qui va droit au but
De cette galère est née Beezen, une solution pensée pour agir vite et proprement. Le principe est surprenant, mais très logique. L’appareil se branche sur un aspirateur domestique ou professionnel. Il s’utilise avec une perche télescopique de 3,2 à 4 mètres.
Cette distance change tout. Elle permet d’intervenir à plus de 4 mètres du nid, donc loin de la zone d’attaque. Pour quelqu’un qui a déjà vu un frelon asiatique tourner autour de soi, ce détail n’a rien de secondaire.
Les frelons sont aspirés, puis bloqués dans un bocal hermétique filtré. L’appareil comprend aussi 8 modules tranchants en acier inoxydable. Le tout fonctionne sans produit chimique, avec un système pensé pour protéger l’aspirateur et éviter les mauvaises surprises.
Ce qui rend cette invention différente
Il existe beaucoup de pièges sur le marché. Mais beaucoup déçoivent. Certains attrapent trop d’insectes non ciblés. D’autres sont peu efficaces, ou encore trop compliqués à utiliser. Beezen se démarque parce qu’il répond à un besoin très concret avec une logique simple.
Le point fort, c’est la neutralisation rapide. Une fois les frelons capturés, il suffit d’ajouter de l’eau dans le bocal. Le temps de neutralisation passe alors d’environ 10 heures à seulement 15 minutes. C’est net, rapide, et surtout plus propre à gérer.
Le système est aussi compatible avec des aspirateurs batterie et des modèles eau-poussière. Pour un particulier, une collectivité ou un apiculteur, cette compatibilité est précieuse. Personne n’a envie d’acheter un appareil compliqué qui ne sert qu’une fois par an.
Une invention née dans un atelier, pas dans un bureau
Il y a quelque chose de très fort dans cette histoire. Beezen n’est pas née d’un grand groupe industriel, mais d’un homme qui a vu un problème réel et qui a voulu y répondre. C’est parfois comme ça que naissent les solutions les plus utiles.
En 2023, l’invention décroche la médaille d’or au Concours Lépine. Elle obtient aussi un brevet officiel. Puis l’activité commerciale démarre en 2024. Dès cette première année, quelques centaines d’unités sont vendues à 140 € pièce, pour un chiffre d’affaires de 40 000 €.
Ce n’est pas encore une grande machine industrielle. Mais c’est solide. Et surtout, cela prouve qu’une idée concrète peut trouver sa place quand elle répond à une vraie urgence.
Pourquoi cette solution peut intéresser bien plus que les apiculteurs
Au départ, on pense forcément aux apiculteurs. C’est logique. Mais le frelon asiatique ne s’arrête pas aux ruches. Il peut aussi s’installer près des maisons, dans les toitures, les arbres ou les dépendances. Pour les particuliers, la situation peut vite devenir stressante.
Les collectivités sont aussi concernées. Un nid mal placé peut créer une zone à risque près d’une école, d’un parc ou d’un bâtiment public. Dans ces cas-là, une solution rapide, simple à utiliser et sans chimie attire forcément l’attention.
Les agriculteurs, eux aussi, observent de près ce type d’innovation. Quand les pollinisateurs vont mal, toute la chaîne en pâtit. Et derrière un petit insecte, il y a parfois des pertes très lourdes.
La suite pourrait bien se jouer à grande échelle
Le 26 février 2026, Manuel Augusto présente Beezen dans Qui veut être mon associé ? sur M6. Il demande 50 000 € pour 10 % du capital. Et il repart avec deux associées, Ariane Daguin et Alice Lhabouz. Ce passage télévisé peut clairement changer la donne.
L’objectif est ambitieux, mais crédible. Atteindre 200 000 € de chiffre d’affaires dès la première année après l’émission et vendre entre 500 et 1 000 unités. Pour une solution locale, brevetée et sans chimie, le potentiel est réel.
Dans un contexte où les frelons asiatiques progressent encore, cette invention arrive au bon moment. Elle ne règle pas tout. Mais elle apporte une réponse concrète, utile et rassurante. Et parfois, c’est déjà énorme.
Ce qu’il faut retenir si vous êtes concerné
Si vous voyez un nid chez vous, la prudence reste essentielle. N’intervenez pas seul sur un nid volumineux ou en hauteur. Les nids secondaires peuvent abriter des milliers d’individus. Le risque est bien réel.
Les méthodes les plus efficaces restent le piégeage des reines au printemps, la destruction des nids primaires accessibles et l’appel à des professionnels pour les gros nids. Quand on agit trop tard, le problème grossit très vite.
Beezen montre pourtant qu’une idée simple peut changer la manière d’agir. Un aspirateur, une perche, un bocal hermétique, et beaucoup d’ingéniosité. Parfois, la bonne réponse commence justement avec un bricolage bien pensé.







