Pommes de terre : des milliers de tonnes sont détruites, faute de débouchés suffisants

Des pommes de terre parfaitement saines, mais sans place sur le marché. Le contraste est brutal, presque choquant. En France, la filière se retrouve avec trop de volumes, pas assez de débouchés, et des milliers de tonnes risquent de finir détruites.

Une récolte record qui se retourne contre les producteurs

En 2025, près de 200 000 hectares de pommes de terre ont été plantés. Cela représente environ 10 % de plus qu’en 2024. À la fin, la production atteint presque 8 millions de tonnes. Sur le papier, c’est une très bonne nouvelle. Dans la réalité, c’est un casse-tête.

Le problème vient d’un décalage. Les surfaces ont augmenté vite, très vite même. Les besoins des industriels, eux, n’ont pas suivi au même rythme. Résultat, l’offre dépasse la demande. Et quand cela arrive, les prix tombent. Très vite.

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Des pommes de terre sans débouchés suffisants

Une part importante de la récolte n’a tout simplement pas de client. Les responsables de la filière restent prudents sur le chiffre exact, mais on parle de 800 000 tonnes à 1 million de tonnes sans débouchés. C’est énorme. Et cela pèse lourd sur les exploitations.

Les producteurs doivent maintenant écouler les stocks de la campagne précédente avant l’arrivée de la nouvelle récolte. C’est là que la situation devient tendue. Les pommes de terre ne se conservent pas éternellement. Il faut trouver vite une sortie, sinon les pertes s’accumulent.

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Pourquoi le marché bloque-t-il autant ?

Sur le marché du frais, la consommation stagne en France comme en Europe. Les ménages n’achètent pas plus de pommes de terre qu’avant. Ils changent parfois leurs habitudes. Ils se tournent vers d’autres produits, plus rapides ou jugés plus pratiques.

Du côté de l’industrie, les transformateurs ne prennent que les volumes déjà contractualisés. Ils ne peuvent pas absorber davantage, même si les champs sont pleins. Et les frites, très attendues sur le marché mondial, se vendent moins bien que prévu.

La situation internationale complique encore les choses. La guerre au Moyen-Orient pèse sur certains marchés d’exportation. Les pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, pourraient réduire leur intérêt pour ces produits pendant plusieurs mois. Pour les producteurs français, c’est un signal de plus.

Que faire de ces tonnes de pommes de terre ?

Une partie des volumes va partir vers l’alimentation animale. Une plateforme a été mise en place pour rapprocher producteurs et éleveurs. L’idée est simple. Donner une seconde vie à ces pommes de terre plutôt que de les jeter.

La méthanisation et les dons alimentaires peuvent aussi absorber une partie des excédents. Mais cela ne suffira pas pour tout. Il faudra donc détruire certains lots. Et c’est là que le sujet devient sensible, car détruire ne veut pas dire faire n’importe quoi.

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Des destructions encadrées pour éviter un risque sanitaire

Empiler des pommes de terre en bout de champ, puis les bâcher pour les éliminer, peut sembler pratique. Mais cette méthode présente un vrai risque sanitaire. Le principal danger concerne la propagation du mildiou, une maladie très redoutée dans les cultures.

Pour limiter ce risque, un protocole sanitaire est en préparation avec les équipes d’Arvalis. L’objectif est clair. Éviter qu’un problème de stockage ou de destruction ne se transforme en nouvelle contamination dans les parcelles voisines.

Sur le terrain, cela change beaucoup de choses. Une mauvaise gestion d’un lot peut créer des effets en chaîne. Et dans une filière déjà sous pression, personne n’a envie d’aggraver la situation.

Les producteurs historiques ne réagissent pas tous de la même façon

Une étude menée en 2025 par l’UNPT et le CNIPT montre un point important. L’augmentation des surfaces vient surtout des nouveaux producteurs. Les exploitants historiques, eux, ont davantage limité la hausse.

Autrement dit, tout le monde n’a pas avancé au même rythme. Certains ont vu une opportunité. D’autres ont préféré rester prudents. Aujourd’hui, cette différence prend tout son sens.

Depuis le début de l’année, les responsables professionnels demandent clairement de réduire les surfaces en 2026. Ils parlent de réduire la voilure. Mais dans l’agriculture, les décisions ne se prennent pas en un claquement de doigts. Les plantations commencent à peine dans certaines régions. Il faudra encore quelques semaines pour savoir si le message a été entendu.

Une filière sous pression pour plusieurs années

Le vrai sujet n’est pas seulement la récolte actuelle. C’est aussi le temps long. Plusieurs projets de nouvelles usines doivent voir le jour en France et en Belgique. Cela veut dire que les besoins industriels pourraient augmenter plus tard. Mais pour l’instant, la production a pris de l’avance.

Quand l’offre grandit plus vite que les débouchés, la filière se fragilise. Les prix baissent. Les contrats se réduisent. Et les producteurs prennent le choc de plein fouet. C’est une situation souvent invisible pour le grand public, mais très concrète sur les exploitations.

Ce que cette crise dit du marché agricole

Cette crise rappelle une chose simple. Produire plus ne suffit pas toujours. Il faut aussi pouvoir vendre, transformer, stocker et transporter au bon moment. Sinon, la richesse d’une récolte devient un problème.

Pour le consommateur, la pomme de terre reste un aliment banal. Pour les producteurs, c’est tout sauf banal. Chaque tonne compte. Chaque débouché compte. Et quand des centaines de milliers de tonnes n’ont plus de place, la question devient urgente.

Les prochaines semaines seront donc décisives. Entre réduction des surfaces, stockage, alimentation animale et destructions encadrées, la filière cherche à éviter le pire. Une chose est sûre. Cette année, la pomme de terre française a plus que jamais besoin d’un nouveau souffle.

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  • Pommes de terre : des milliers de tonnes sont détruites, faute de débouchés suffisants

    Passionnée de gastronomie et de découvertes, Camille Duhamel est experte SEO et rédactrice spécialisée dans l’univers culinaire, les voyages, la maison et l’actualité. Toujours en quête de saveurs inédites et d’expériences singulières, elle partage astuces, tendances et conseils pour enrichir votre quotidien. Forte d’une expérience de plusieurs années dans le référencement web, Camille sait allier contenus vivants et perspectives stratégiques pour inspirer et informer efficacement ses lecteurs dans l’univers gourmand et lifestyle.

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