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Un village perché, un ciel bleu d’hiver, l’odeur du mimosa et… des assiettes d’œufs bien jaunes qui brillent au soleil. À Bormes-les-Mimosas, l’œuf mimosa a désormais sa Coupe du monde, et pour beaucoup, chaque bouchée réveille un souvenir d’enfance. Une vraie madeleine de Proust qui se déguste en une bouchée.
Imaginez la scène. Les ruelles d’un village médiéval, la mer au loin, les collines couvertes de mimosa en fleurs. Et au milieu de tout cela, une foule rassemblée autour… d’œufs farcis.
C’est ici, à Bormes-les-Mimosas dans le Var, qu’a eu lieu la toute première Coupe du monde de l’œuf mimosa. Une idée un peu folle, née de l’association des commerçants, qui voulait marier deux emblèmes du village : le mimosa et la gourmandise.
Le clin d’œil est évident. Le mimosa colore les collines, et l’œuf mimosa met le jaune au centre de l’assiette. Visuellement, cela se répond. Et avouez-le, rien que d’y penser, on a envie d’en goûter un.
La compétition se déroule sur deux jours. C’est sérieux, mais dans une ambiance très bon enfant.
Dans le public, on écoute, on regarde, on photographie… puis on attend le moment le plus important. La dégustation. Quand elle démarre, les assiettes se vident en quelques secondes. On ne s’entend plus, sauf les petits bruits de bouche. C’est simple, tout disparaît.
Ce qui touche le plus les visiteurs, ce n’est pas seulement le décor ou le titre de « Coupe du monde ». C’est cette émotion très simple qui remonte à la surface. Beaucoup se souviennent de l’œuf mimosa servi le dimanche midi, posé sur une feuille de laitue, parfois avec un peu de vinaigrette.
Pour certains, c’est le plat que préparait la grand-mère. Pour d’autres, une entrée de restaurant de famille. Quand ils le retrouvent ici, dans une version parfois très moderne, le contraste surprend. C’est à la fois très familier et complètement nouveau.
Les organisateurs le disent avec le sourire : c’est un plat régressif, qui déclenche tout de suite de la nostalgie. Mais ce n’est pas juste un œuf mayonnaise. La texture, le dressage, le petit côté raffiné en font un vrai classique de la cuisine française.
Derrière cet amuse-bouche très populaire, il y a en réalité une base de haute cuisine. Historiquement, les œufs mimosa viennent de ce que l’on appelait les « œufs à la russe » dans la grande cuisine française.
Le principe : un blanc d’œuf dur bien net, farci avec un mélange crémeux de mayonnaise et de jaune d’œuf. Au-dessus, on râpe encore du jaune, parfois un peu de blanc. Cela donne cet effet « fleur de mimosa » qui a donné son nom au plat.
Un chef étoilé, président du jury lors de la compétition, insiste sur un point : avant de revisiter, il faut maîtriser le classique. La base doit être équilibrée, nette, lisible. Ensuite, on peut s’amuser avec les goûts, les textures, les dressages.
À Bormes, les chefs se sont fait plaisir. Certains ont proposé un œuf mimosa très traditionnel, avec une farce douce, de la ciboulette finement ciselée, une salade croquante pour accompagner.
D’autres sont partis sur des versions très travaillées. Œuf mimosa à la truffe repéré par certains visiteurs, association terre-mer, jeux d’acidité avec des agrumes, ou encore clins d’œil à d’autres grands classiques italiens ou méditerranéens.
Un exemple a particulièrement marqué le jury : l’œuf mimosa façon vitello tonnato, librement inspiré de la célèbre recette piémontaise à base de veau froid et de sauce au thon et aux câpres. Une entrée qu’une cheffe a d’ailleurs décidé d’ajouter à sa carte, tant le succès a été au rendez-vous.
Si vous avez envie de retrouver ce goût d’enfance chez vous, voici une recette simple, fidèle à l’esprit traditionnel. Pour 4 personnes, prévoyez :
Étapes de préparation :
C’est tout simple, mais si la cuisson des œufs est maîtrisée et l’assaisonnement bien ajusté, cela fait toujours son petit effet à table.
Pour ceux qui aiment tester des choses un peu plus originales, voici une adaptation inspirée de la version primée lors de la Coupe du monde. Les quantités restent pour 4 personnes.
Préparation :
Servi bien frais, avec quelques tranches fines de veau froid à côté, vous obtenez un joli pont entre la tradition française et l’Italie.
Au-delà de la fête et des souvenirs, la Coupe du monde de l’œuf mimosa joue un autre rôle. Elle permet à des apprentis cuisiniers de se confronter à des chefs expérimentés, de montrer ce qu’ils savent faire, de se créer un premier réseau.
Le jury n’hésite pas à mettre en avant ces jeunes, parfois même à leur attribuer une mention spéciale. Certains repartent avec plus qu’un diplôme ou une médaille. Ils décrochent un stage, une promesse d’embauche, ou au minimum quelques précieux conseils pour la suite.
Pour la commune, c’est aussi un moyen de faire vivre le centre ancien en plein hiver, d’attirer des visiteurs, de rappeler que la cuisine simple et populaire a toute sa place à côté de la gastronomie étoilée.
Peut-être que, rien qu’en lisant ces lignes, vous sentez déjà remonter une image. Une assiette en faïence un peu ébréchée, une feuille de laitue bien verte, un œuf mimosa poussé du bout de la fourchette quand vous étiez enfant.
La force de ce petit plat, c’est justement cela. Il ne coûte pas cher, il se prépare vite, mais il transporte avec lui des souvenirs très forts. Un repas de famille, un café de quartier, une entrée de brasserie.
La Coupe du monde de l’œuf mimosa à Bormes-les-Mimosas ne fait que mettre en lumière ce que beaucoup savaient déjà. Derrière cet œuf à moitié fendu et cette crème jaune, il y a un patrimoine discret, tendre, presque intime. Et il suffit parfois de le refaire à la maison pour que tout revienne.